Le Styx violet s'est ouvert !

Vendredi et Jeudi ce sont les Portes Ouvertes à Estienne ! Moi je suis en salle de Cinéma d'Animation (la cave quoi...) tout le vendredi matin, et aussi un peu l'aprem si besoin. Si vous voulez me voir ou faire une petite IRL, laissez-moi un pitit message pour que je puisse vous reconnaître ! Ça pourrait être cool, non ?
Bon sinon, encore une fois, comme vous n'aimez pas lire mes textes, je vous fais un bel article avec beaucoup d'images pleines de couleurs bande de pignoufs !
-Il existe un pays, fait de blanc, de noir, de gris.
Un joli pays ou cohabitent, chats, lion et chauve-souris.
-Ce n'est pas vrai monsieur, vous dites n'importe-quoi !
Coupa la petite fille, haussant soudainement la voix.
Le monde ici est coloré, mais le cœur des gens est glacé.
Ici les lions mangent les chats, et les chats mangent les chauves-souris.
Et la version couleur ICI
Le jeune Hadès, futur dieu des Enfers grecs ! Et aussi futur héros d'un court métrage qui risque de passer sur une chaîne jeunesse ! D'ailleurs c'est pour ça qu'il tire une tronche d'Emo, c'est parce que c'est un film pour les d'jeuns ! Yo ! RDV dans l'Olympe, mec ! Enjoy la life, sauf que nous avons un mois seulement pour faire un film en 3D (rires).
Pis, Oh ! Miracle un astre éclatant. Irradie rose au firmament ! Hum... pardon, nan, c'est un fanart de Harry Potter ! Ça faisait un bail, hein ? C'est aussi pour ça que Harry tire une sale tronche (une tronche très allongée surtout, le pauvre), mais j'ai bien mumusé sur le plumage de Buck ! Tsaaaam ! Un hommage à mes années de collège ou je ne dessinais presque que des hippogriffes... Mais c'est toujours mieux que de dessiner que des elfettes :D

Ps : J'ai passé une journée totalement pooooourrie... Vivement les VACANCES, BORDEL ! C'est pas tout ça mais je vais m'coucher moi. *Baille ostensiblement*

Des prairies teintes en rouge

Oui, un nouveau post si rapidement, c'est incroyaâââableuh ! Vous ne revez pourtant pas !
Je tenais à poster ce dessin et ce texte tant qu'ils me ressemblaient, c'est tout.
"La neige tombait bruyamment dehors.
Il était le seul à pouvoir entendre le hurlement des flocons durant leur lente chute, c'était sans doute à cause de sa sève balkanique, ou bien simplement parce qu'il savait écouter, en tout cas, il leva les yeux pour regarder par la fenêtre, distrait un moment, puis il détourna la tête.
V continuait de gribouiller distraitement sur les post-it qui traînaient sur le bureau depuis la nuit des temps. Des formes géométriques, des visages inachevés qui lui lançaient des regards désapprobateurs, fâchés de ne pas avoir de corps pour se mouvoir à leur aise, mais aussi des mots. Des mots doux, des mots cyrilliques et des mots de douleurs qui hurlaient à sa place, lui qui ne voulait pas parler. A quoi bon parler quand personne d'autre que vous ne vous écoute ? Mieux valait encore dialoguer avec soi-même. Apprendre à s'écouter avant d'avoir assez de sagesse pour trouver les mots justes. Mais les mots justes, est-ce qu'ils existent ? Un seul mot a-t-il vraiment assez de pouvoir pour changer le cours d'une existence entière ?
V posa sa plume dans l'encrier en renâclant bruyamment à cause du poids qu'il avait sur le cœur et de l'amertume qui pesait sur ses lèvres fines. Le jeune homme plongea les ongles de ses doigts crispés dans la peau de ses cuisses et cilla délicatement avant de s'enfoncer dans son fauteuil pour toiser son ouvrage, maussade comme à son habitude.
Il détestait ne pas savoir dessiner, ne pas savoir écrire. Bien plus que de ne pas savoir parler. Son regard croisa une nouvelle fois ceux des dizaines de têtes noires qui ornaient les petits billets blonds qu'il avait violentés durant une heure entière, véritable tortionnaire quand il avait de l'encre à portée de sa main ensanglantée. Elles hurlaient, comme autant de fantômes de lui-même qui lui montraient combien il était cruel. Cruel envers eux, haïssable envers sa propre personne. V posa ses coudes sur le rebord du bureau, l'arrête saillante du meuble meurtrissait sa peau. Ses yeux se fermèrent doucement au contact de ses paumes moites. Il réfléchissait, une oreille toujours attentive au chant de l'hiver qui s'endormait dehors, une autre qui n'écoutait que le calme de la pièce.
Les minutes s'écoulèrent. Le temps s'étirait et s'allongeait tel un élastique de fortune sans cesse tourmenté par les tics d'un maniaque. Puis il claqua entre les doigts agités du silence qui n'y tenait plus et V reprenant conscience, leva brusquement la tête dans un sursaut impressionnant. Il bâilla tout en cherchant à rassembler ses pensées qui gambadaient, insouciantes, autour de lui. Il sortit prestement la rémige de son bain d'encre afin de tracer un cercle approximatif sur un bout de papier encore vierge de lui et de sa maladresse. Les pensées sautèrent à pieds joints dedans, et ainsi captives, il put les contempler à son aise. Mais s'en lassant, il se redressa et quitta son siège pour se coller contre la vitre. Il essuya le carreau du plat de la main, puis appuya son front contre la vitre glacée.
Le monde était blanc et bleu et gris, aigri et noir.
"Je voudrais des prairies teintes en rouge et des arbres peints en bleu, dit-il dans un souffle rauque."
Son haleine brûlante provoqua une buée si dense que l'extérieur se déroba à sa vue. Ou bien était-ce à cause des larmes qui perlaient dans ses yeux figés ?
V se retourna pour chercher un élément auquel se raccrocher. Plus que sa vie, c'était lui qui était au bord du gouffre. Il se dirigea vers son petit bureau pour saisir sa tasse de chocolat-vodka. Il en but une rasade goulûment, comme on avale une gourde d'eau fraîche alors que l'on est assoiffé depuis des jours. Il essuya les gouttelettes qui perlaient le long de son menton orné d'un bouc de poils aussi sombres que ses yeux.
Il vacilla.
Son attention se perdait dans les arabesques que formaient les rainures des lattes qui composaient le parquet. Elles ondoyaient telles les vagues d'un océan agité par le courroux d'un dieu jaloux, et lui ondoyait aussi tant et si bien que le mal de mer le frappa sans prévenir et il tomba à genoux. Son corps blessé heurta le plancher dans un sinistre craquement.
Ce rouge si vert d'être un bleu qui broie du noir quand tout est blanc avait le cœur à l'ouest.
Ses soirées finissaient ainsi de plus en plus souvent, il s'effondrait sans crier garde, sans crier au secours et passait la nuit sur le sol, à fixer le plafond sans le voir. La mélancolie le gagnait peu à peu. Et pourtant il n'avait pas le courage de se donner la mort, il hésitait toujours, puis au dernier moment se disait qu'il avait tant à vivre, tant à voir, tant à apprendre.
Alors il ravalait son sang et reprenait la route en boitant. Seulement, il claudiquait de plus en plus, s'écorchant sans cesse les mains sur les pierres saillantes à chaque fois qu'il voulait esquiver le pire. Et se relevait, encore, serrant ses bandages avec les dents puisque ses phalanges n'étaient plus valides et refusaient tout net de servir encore un être aussi abject dans sa souffrance.
Une seule chose pouvait le sauver. Seulement il ne pouvait s'y résoudre. Ouvrir la bouche pour se confier lui déchirait les entrailles, et au moment même où il pensait panser ses plaies en écoutant les paroles réconfortantes d'autrui, admiratif face à cet acte de bravoure, s'ensuivait la terrible désillusion. Personne ne savait écouter. N'importe quel confident devenait en un instant le plus cruel des bourreaux qui s'amusait ensuite à l'achever avec ses propres armes.
Alors il gardait son âme pour lui et pour ses morceaux de papiers."
Ps : En ce moment je fais pas mal de tests pour trouver un nouveau design à mon personnage/avatar, notamment au niveau des oreilles. j'aime assez le résultat sur ce dessin, et vous les zaminches ? Au fait, ouvrez les images dans un nouvel onglet ou une nouvelle fenêtre pour mieux les voir, pour une fois ça en vaut la peine :P











